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Dangers du bisphénol A dans le plastique des biberons

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>>Dangers du bisphénol A dans le plastique des biberons

Par : Rédaction
Les Canadiens envisagent de prohiber ces produits en raison du risque éventuel pour les bébés. En France, les autorités sanitaires restent pour l’instant sereines sur le sujet.

Le principe de précaution est apparemment à dimension géographique variable. Ainsi, le gouvernement canadien vient d’exprimer son intention d’interdire les biberons en plastique fabriqués avec du bisphénol A du fait d’un éventuel risque pour les bébés, alors que ce même gouvernement accepte depuis des années que plus de sept millions d’hectares d’OGM soient cultivés sur son territoire. En France, ce même principe de précaution fait que les OGM sont considérés par un grand nombre de politiques comme une sorte de « peste » des temps modernes, alors que les biberons fabriqués avec du bisphénol A ne suscitent pas autant d’inquiétude. La Direction générale de la santé, attend, pour se prononcer, les avis des agences de sécurité alimentaires françaises et européennes.

La première synthèse chimique du bisphénol A date de 1891. Ce produit a été très étudié dans les années 1930 lors de la recherche d’œstrogènes de synthèse, et est utilisé depuis de longues années comme monomères pour la fabrication par polymérisation de plastiques de type polycarbonate et comme antioxydant dans les plastifiants et le PVC. Ce bisphénol est présent dans de nombreux produits d’utilisation courante, comme les biberons, les assiettes jetables, le revêtement des boîtes de conserve…

Suite de l’article sur le Figaro-Sciences

Risques possibles pour la santé

Le bisphénol A est connu pour s’extraire des plastiques nettoyés avec des détergents puissants ou utilisés pour contenir des acides, ou des liquides à hautes températures. Sa présence a été détectée chez presque tous les humains testés aux États-Unis.

Les premières preuves de l’action oestrogénique du bisphénol A datent des années 1930 durant lesquels il fut administré à des rates ayant subi une ablation des ovaires. Une action comme inhibiteur hormonal a été démontrée pour des concentrations de l’ordre de 2-5 ppm (partie par million) dans des études sur des cellules cancéreuses animales et humaines. Ces effets pourraient entraîner des problèmes de santé chez l’homme, tels qu’une diminution du taux ou de la qualité des spermatozoïdes.

L’industrie du plastique a longtemps affirmé que le bisphénol A est sans danger pour l’homme, minimisant ou réfutant les tests donnant des résultats contraires. 11 études effectuées par des industriels ne mettent aucun risque en évidence, tandis que d’après un rapport de Frederick vom Saal et Claude Hughes 90% des 104 études indépendantes montrent un risque possible. Un rapport précédent rendu public par le Centre pour l’analyse des risques de l’Université Harvard et financé par le Groupement américain du plastique qualifiait le risque de « faible » et « non significatif ». Claude Hughes considère dans le rapport de 2004 que cette publication du centre pour l’analyse des risques n’est pas fiable parce qu’elle ne prend en compte que peu des travaux publiés depuis 2001 sur l’effet des faibles doses de BPA sur la santé.

En 2005, une équipe conduite par S.M Belcher a démontré que de faibles taux de bisphénol-A peuvent entraîner une altération du développement du fœtus chez le rat.

En 2006, vom Saal et Welshons ont publié une analyse détaillée expliquant pourquoi certaines études, principalement menées par des laboratoires financés par l’industrie, n’obtenait pas des résultats reproductibles sur les effets à faible dose du bisphénol-A. Un comité scientifique indépendant a réanalysé les données du rapport pour le compte d’une agence du gouvernement américain, et a montré qu’en réalité un effet existe en dépit des conclusions opposées du rapport originel.

Depuis le 18 avril 2008, Santé Canada, l’office public de santé du Canada, a classé le bisphénol A au rang de substance dangereuse. Le Canada a été ainsi le premier pays à classer au rang des toxiques cette substance, ce qui doit amener Etats-Unis et Union européenne à se prononcer. Ceci pourrait conduire à une remise en cause des Attestations de Conformité Sanitaire (ACS) en France.

Aucune étude n’a encore été menée à ce jour sur le relargage possible de Bisphenol A par les PVC et Résines Epoxy en contact avec l’eau potable, notamment en phase de vieillissement des canalisations.

Le Bisphénol A (BPA) est utilisé dans de nombreuses applications de matériaux ou d’objets destinés au contact avec les aliments. Il est présent en tant que monomère dans la fabrication des polycarbonates, et intervient dans la production des résines époxy-phénoliques. Les différents secteurs concernés sont :

- les produits de consommation avec les articles en polycarbonate tels que les biberons, la vaisselle, les récipients destinés au four micro-ondes et les boîtes pour la conservation des aliments,
- les emballages avec revêtement époxy-phénolique tels que cannettes, boîtes de conserve et couvercles métalliques,
- les équipements diverses comme les revêtements époxy-phénoliques des conteneurs d’eau potable et des cuves à vin.

La législation européenne a, dans premier temps, fixé la limite de migration spécifique (LMS) du bisphénol A à 3 mg/kg (directive n°90/128/CEE et ses amendements). A la suite d’un avis de l’EFSA publié en 2002, la LMS a été abaissée à 0,6 mg/kg (directive n°2004/19/CE, premier amendement de la directive n°2002/72/CE).

Prés de 200 rapports scientifiques sur le bisphénol A ont été publiés depuis 2002. Des résultats, publiés depuis 2005, évoquent un risque pour la santé humaine suite à l’exposition à de faibles doses de bisphénol A (effets sur la reproduction notamment).

En 2006, la Commission Européenne a demandé à l’EFSA (European Food and Safety Authority) de réévaluer le risque lié au Bisphénol A à partir des nouvelles données scientifiques disponibles. L’examen de ces données par le groupe d’experts de l’EFSA a mis en évidence , d’une part, des différences significatives concernant les évaluations toxicologiques entre les humains et les rongeurs et, d’autre part, permis de réduire le niveau de risque qui avait été pris en considération en 2002.

Au final, sur la base des travaux des experts, l’EFSA a publié, le 29/01/07, un nouvel avis sur le Bisphénol A concluant à une exposition alimentaire au Bisphénol A de la population (adultes et enfants) inférieure à la DJA totale définie à 0,05 mg de BPA/kg de poids corporel.

Souces :

http://www.contactalimentaire.com

Wikipédia


Voir en ligne : bisphénol A sur wikipedia.org

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