424 grandes communes. Les terrains étudiés sont soumis à des submersions d’intensité et de fréquence
variables, certains ne sont susceptibles d’être inondés qu’en cas de crues très rares et d’intensités
exceptionnelles.
L’accroissement du nombre de logements dans ces secteurs provient de la pression
démographique qui s’est répercutée dans les parcelles exposées comme dans les parcelles hors d’eau.
Les nouvelles implantations en zones inondables ont contribué à densifier les territoires déjà urbanisés
plutôt qu’à les étendre, préservant ainsi majoritairement les zones d’expansion des crues.
Les inondations font partie des catastrophes naturelles
les plus fréquentes, causes de dommages économiques.
Le nombre d’événements dommageables a en outre
augmenté ces dernières décennies en France métropolitaine.
Cette progression s’explique par une urbanisation et une
vulnérabilité croissantes dans les espaces susceptibles d’être
recouverts par l’eau lors de crues exceptionnelles. Cependant,
les enjeux (population, biens économiques…) et leur évolution
sont encore peu connus. La variation du nombre de logements
entre 1999 et 2006 a été analysée au sein de 424 communes
de plus de 10 000 habitants soumises à un risque majeur
d’inondation. Dans cette étude, tous les logements localisés
dans les zones inondables sont pris en compte, sans distinction
de l’intensité du risque auquel ils sont exposés.
En sept ans, près de 100 000 logements
supplémentaires en terrain inondable
dans 424 communes à enjeux
En 1999, plus de 17 millions de personnes et près de 9 millions
de résidences étaient recensés au sein des 424 communes
étudiées. De l’ordre de 16 % de ces enjeux étaient localisés
dans les zones inondables : 2,7 millions de personnes résidaient
dans ces secteurs et 1,45 million de logements y
étaient localisés. En 2006, près de 100 000 logementssupplémentaires sont comptabilisés dans ces territoires
exposés. Cela représente une hausse de 7 % en sept ans, un
taux légèrement plus élevé qu’en dehors de ces secteurs où il
s’établit à 6 %, avec 430 000 logements supplémentaires.
Une forte croissance concentrée
dans une cinquantaine de communes
Ce constat global recouvre des disparités. Quatre groupes
de communes ont été distingués suivant la dynamique du
nombre de logements dans les zones inondables.
Une diminution dans 7 % des communes (groupe 1).
Dans ce groupe de communes, on dénombre 3 600 logements
exposés en moins entre 1999 et 2006. Le taux de croissance
montre une diminution dans les zones submersibles (- 4,4 %),
mais une augmentation dans les autres lieux (7,2 %). Ces
communes se caractérisent par des tailles assez importantes :
la moitié compte plus de 12 500 logements. Les superficies
inondables sont relativement peu étendues et moins densément
construites que les autres espaces.
Une relative stagnation dans près de la moitié des
communes (groupe 2). Ce groupe totalise un supplément
de 2 200 logements exposés. Le taux de croissance en zone
exposée est faible (2,9 %) alors qu’il s’élève à 6,8 % en
dehors. Ces communes se distinguent des autres groupespar leur plus petite taille en nombre de logements, des
surfaces inondables plus petites et de très faible densité.
Une augmentation dans un tiers des communes
(groupe 3) conduisant à 27 000 logements supplémentaires.
Le taux de croissance est identique en zone inondable et
en dehors (7 %). Ces communes sont à peine plus grandes
que celles du groupe précédent. Cependant, les superficies
inondables sont plus conséquentes et aussi densément
construites que les autres terrains.
Une forte majoration dans 13 % des communes
(groupe 4). Ce groupe cumule 74 000 logements exposés
supplémentaires. Le taux de croissance est nettement plus
élevé au sein des zones submersibles qu’en dehors : 8,2 % vs
4,4 %. Ces communes se distinguent par leur grand nombre
de logements : plus de 26 500 logements dans 50 % d’entre
elles. Les secteurs inondables sont également plus étendus
et très densément construits.

Des différences départementales marquées
Les Alpes-Maritimes, le Var et le Val-de-Marne se distinguent
par la construction de plus de 8 000 logements entre 1999
et 2006 dans les périmètres inondables étudiés. Ces trois
départements se caractérisaient déjà par de nombreuxlogements exposés en 1999. Cette dynamique s’est ainsi
poursuivie à un rythme moyen, de 5 à 8 % sur sept ans.
D’autres départements se singularisent par des rythmes de
développement très rapides dans les zones inondables. Ainsi,
dans l’Hérault et l’Ille-et-Vilaine, la croissance des logements
dans les parcelles inondables des grandes communes étudiées
a été de l’ordre de 20 % en sept ans. Dans l’Eure, la Seine-et-
Marne et la Meurthe-et-Moselle ce taux est un peu moindre
(entre 11 % et 16 %), mais néanmoins trois fois plus rapide
que celui observé en dehors des zones inondables (3 à 4 %). À
l’opposé, des départements montrent un taux d’accroissement
moindre dans les territoires exposés, particulièrement l’Isère,
le Tarn-et-Garonne, les Pyrénées-Orientales et les Yvelines.
Neuf départements avec plus de 1 000 logements
supplémentaires dans les zones inondables étudiées se
distinguent car ceux-ci se sont implantés en majorité dans
des espaces exempts de PPRI : l’Hérault, le Gard, la Haute-
Garonne, les Bouches-du-Rhône, le Rhône, la Seine-et-
Marne, la Meurthe-et-Moselle, l’Ille-et-Vilaine et l’Aude.
Dans six de ces départements, cette croissance en zones
exposées non couvertes par un PPRI est observée principalement
dans une seule commune. Certaines de ces communes disposent cependant de dispositifs de prévention
plus anciens ou de dispositifs spécifiques, distincts des
plans de prévention ou d’exposition aux risques.
Localement, la recrudescence de logements dans les
zones inondables s’est accompagnée d’une extension des
aires urbanisées, notamment dans le Vaucluse, l’Hérault et
l’Aude. Dans chacun de ces départements, cette extension
est principalement due à une seule commune.
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