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Biodiversité

La banquise d’été pourrait avoir disparu en 2020

arton210 La banquise d’été pourrait avoir disparu en 2020

Tara, la goélette polaire tient toujours le pari de dériver sur la banquise jusqu’au printemps 2008. Scientifiques de tout bord s’y relaient pour passer au crible les effets du réchauffement climatique.

Le voilier scientifique polaire Tara a commencé en septembre 2006, une dérive arctique qui durera un an et demi. La coque arrondie et plate de Tara lui permet en effet de résister aux pressions extrêmes exercées par la banquise et de se laisser porter par elle.

Tara a fêté le 3 septembre dernier, un an de dérive. Il a parcouru 3 400 kilomètres à la vitesse moyenne de 9,3 kilomètres par jour ce qui représente 1 400 kilomètres en ligne droite. En se basant sur cette moyenne, Tara sortirait en février à 80°Nord. Le courant s’accélérant à l’approche du détroit de Fram, entre le Groenland et l’archipel du Spitzberg, Tara devrait atteindra 80°Nord entre le 15 décembre et le 15 janvier prochain. L’opération de sortie des glaces risque d’être périlleuse.
Ce long voyage de Tara est passé à 160 kilomètres du Pôle Nord géographique par 88°32′ Nord le 28 mai 2007. Tara est ainsi le navire prisonnier des glaces ayant atteint la position la plus au nord du monde.

L’expédition, dirigée par Etienne Bourgois, s’inscrit dans le cadre de l’Année Polaire Internationale (API) 2007-2009. Elle est un partenaire majeur du programme européen scientifique Damocles. Programme d’envergure qui réunit plus de 45 laboratoires développant un dispositif d’observation pérenne de la glace, mais aussi de l’océan sous-glaciaire (température, salinité, courants), de l’atmosphère, des flux d’énergie entre air, glace et eau. Tel est l’objectif du programme de l’Union Européenne dont Jean-Claude Gascard est le coordinateur scientifique.
Damocles regroupe plus de cent scientifiques spécialistes de l’Océan Arctique. À bord de Tara, ces scientifiques réalisent des mesures dans l’océan, la glace et l’atmosphère et testent des prototypes capables de transmettre des données en surface, mais aussi sous la glace. Quinze scientifiques de sept nationalités différentes sont venus participer à la relève en avril 2007 de l’équipe de huit personnes qui a hiverné à bord de Tara depuis le mois de septembre 2006. Dix personnes (8 hommes et 2 femmes) chargées des mesures de routine ont pris le relais jusqu’à la prochaine relève à la fin du mois de septembre.

La banquise d’été pourrait avoir disparu en 2020

Par Jean-Claude Gascard, coordinateur du programme scientifique de l’Union Européenne, Damocles

En ce qui concerne l’extension minimale de la banquise à la fin de l’été, il semble bien que l’on soit en passe de battre un nouveau record cette année mais cela est presque devenu une habitude.
Chaque année établit un record par rapport à l’année précédente. On appelle cela une tendance qui correspond a une perte de banquise chaque année en été du même ordre de grandeur que la surface de la France (55 0000 km2). À ce rythme, la banquise d’été pourrait avoir disparu en 2020. Il ne faut pas oublier que la banquise se reforme en hiver et donc on assisterait au fait que plus de glace de mer se formerait en hiver et disparaîtrait complètement l’été suivant un peu comme en Antarctique.

Il semble que deux phénomènes contribuent à cet état de fait. Le premier assez intuitif est que les étés sont devenus plus chauds, plus longs et plus pluvieux dans le cadre d’un changement de type réchauffement climatique lié a l’augmentation des gaz a effet de serre. Il semble, mais cela reste à confirmer à partir des observations que nous menons actuellement à partir de Tara, que la couverture nuageuse a évolué au-dessus de l’Océan Arctique dans le sens d une contribution a l’accroissement de l’effet de serre produit par les nuages bas (plutôt qu’un effet d’albédo c’est a dire de renvoi dans l’espace de l’énergie solaire incidente).

Une vitesse de dérive deux fois plus élevée

L’autre effet que nous avons découvert par surprise au cours de la première année de dérive de Tara, est une accélération fantastique de la dérive transpolaire des glaces de mer dans l’Arctique. Tara a dérivé de façon solidaire avec cette banquise à une vitesse moyenne deux fois plus élevée que nous l’avions prévue et trois fois plus que les modèles l’avaient prédit. Comme cette dérive transpolaire contribue essentiellement à évacuer des glaces de mer en dehors de l’Arctique par le détroit de Fram situé entre le Spitsberg et le Groenland, on comprend aisément qu’une accélération de la dérive transpolaire a pu contribuer à une réduction majeure de la surface de la banquise en Arctique. Pourquoi cette accélération de la dérive ? Le moteur principal de la dérive des glaces étant le vent, il faut donc étudier les champs de vent qui ont pu s’installer dans la durée sur le territoire couvert par la banquise.

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