Nous n’espérons pas de promptes réponses…, mais nous espérons par contre que les médias comprendront l’importance de l’appel, en cette période de discussions sur le changement climatique, et n’occulteront pas ce communiqué.,
LETTRE OUVERTE À M. LE PRÉSIDENT NICOLAS SARKOZY
Appel à un PROTOCOLE DE PARIS pour un changement alimentaire
Monsieur le Président,
Le Protocole de Kyoto a traduit en engagements quantitatifs juridiquement contraignants la
volonté de lutter contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de
serre.
Tout le monde est d’accord qu’il fallait le faire. Mais les mesures envisagées pour atteindre
cet objectif sont essentiellement de nature industrielle et technologique. Or le mode
alimentaire occidental – fondé sur une excessive consommation de produits animaux – est un
puissant contributeur à l’effet de serre : le rapport 2006 de la FAO, Livestock’s Long Shadow,
a établi que le secteur de l’élevage contribue à lui seul davantage que les transports à
l’augmentation de l’effet de serre.
Pourtant, on constate toujours que fait défaut, dans les protocoles internationaux, la volonté
d’optimiser les résultats en agissant aussi sur l’alimentation.
Manifestement, il manque une
initiative pour s’attaquer à cette question. Qui en aura le courage ?
Parce que la France est réputée être un pays de grande tradition culinaire, nous pensons
qu’une initiative française serait la plus à même de créer une impulsion entraînant les autres
pays à sa suite.
Vous êtes le Président. C’est à vous que revient le devoir de lancer l’initiative française.
Concrètement, nous vous demandons d’être l’initiateur d’un « Protocole de Paris », qui
fixerait des objectifs pour un changement alimentaire au niveau mondial.
Ce changement alimentaire devrait être un engagement à la réduction de la consommation de
viande et de produits carnés pour les pays fortement consommateurs.
Des niveaux de
consommation en diminution progressive devraient être fixés, avec des dates butoir pour les
atteindre, jusqu’à une valeur-seuil « tolérable » à ne pas dépasser.
Le niveau « tolérable » de consommation devrait être établi de façon à revenir à une
empreinte écologique due à l’élevage qui soit considérée comme inoffensive pour la planète.
Les pays consommant actuellement en-dessous du niveau « tolérable » devraient s’engager à
ne pas encourager la consommation de viande et de produits carnés, de façon à ne pas
dépasser ce niveau.
Ceci est le minimum requis. Mais il importe de laisser ouverte la possibilité de mieux faire
encore. C’est pourquoi les signataires devraient en outre déclarer être conscients qu’il est
raisonnable de construire l’alimentation humaine sur une base essentiellement végétale ; de ce
fait, déclarer s’engager à favoriser toute recherche nutritionnelle allant dans ce sens et à
promouvoir les alternatives végétales à chaque fois que cela est possible ; enfin, déclarer
faciliter l’option végétarienne à ceux qui le désirent en mettant en place des menus
végétariens équilibrés dans leurs structures de restauration collective.
Nous rappelons, en effet, que réduire sa consommation de viande n’est pas uniquement
bénéfique à l’environnement, mais aussi une façon, simple et de bon sens, de favoriser une
meilleure santé.
Nous vous remercions, M. le Président, de bien vouloir accorder à cette demande toute
l’attention qu’elle mérite.
André Méry, Président de l’Association Végétarienne de France
ANNEXE : FLORILÈGE DE L’INTÉRÊT À RÉDUIRE NOTRE CONSOMMATION DE
VIANDE
« Le secteur de l’élevage est un acteur majeur [du réchauffement climatique], responsable
de 18 % des émissions de gaz à effet de serre (exprimé en équivalent-CO2). C’est une
proportion plus importante que celle des transports. »
Source : FAO – Livestock’s Long Shadow (excutive summary)
« Produire un kilogramme de boeuf est responsable d’autant de GES (gaz à effet de serre) et
autres pollutions que rouler en voiture pendant 3 heures en laissant chez soi toutes les
lumières allumées »
Source : New Scientist Environment – 18/07/2007
« Les hôtels, les compagnies aériennes, les organisateurs de conférences, etc. devraient
offrir des choix végétariens parmi leurs menus et concevoir une variété de plats végétariens,
de façon que les gens commencent à développer un goût pour la nourriture végétarienne. »
Source : World Water Council. 2004. E-Conference Synthesis : Virtual Water Trade & Conscious Choices.
www.waterfootprint.org/Reports/virtual_water_final_synthesis.pdf
« L’extension du bétail est un facteur majeur de déforestation » […] « En Amazonie, 70 %
des zones précédemment couvertes de forêts sont occupées par des pâturages »
Source : FAO – Livestock’s Long Shadow (excutive summary)
« Au début, renoncez à manger de la viande un jour par semaine, et ensuite cessez
graduellement votre consommation »
Source : Rajendra Pachauri, Président du GIEC – Le Monde 07/09/2008
« Court-circuiter l’animal pour nourrir l’homme permet d’épargner les ressources
alimentaires, les surfaces agricoles et les réserves en eau au niveau mondial » […] « Voilà
pourquoi nous devons aussi réviser notre mode alimentaire et notre système de production. »
Source : Dr Jean-Michel Lecerf, (Service Nutrition – Institut Pasteur de Lille) in : La nutrition, éd. Privat, 1996
« Il est recommandé de construire ses repas quotidiens autour de ces aliments [d'origine
végétale] et non de ceux d’origine animale. »
Source : World Cancer Research Fund / American Institute for Cancer Research. Food, Nutrition, Physical
Activity, and the Prevention of Cancer, a Global Perspective. Washington D.C. AICR, 2007.
« Les émissions mondiales d’ammoniac atteindront 116 Mt N vers 2050, créant une
considérable pollution de l’air dans de nombreuses régions du monde. Cela sera presque
entièrement dû à l’agriculture et particulièrement aux déjections animales. »
Source : FAO – Livestock’s Long Shadow (p. 103 & 114)
« Il faut de 10 à 20 fois plus d’énergie pour produire des aliments animaux que [pour
produire] des aliments végétaux. »
Source : Jens Holm, Député européen – Filière animale et climat – janvier 2008 (p. 13)
« Une alimentation végétarienne équilibrée réduit l’empreinte écologique de 22 % par
rapport à une alimentation équilibrée standard »
Source : Sibylle Frey & John Barrett, International Ecological Footprint Conference, Cardiff, 8-10 May 2007
…
UN PROTOCOLE DE PARIS POUR UN CHANGEMENT ALIMENTAIRE MONDIAL EST UNE NÉCESSITÉ !
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